.
orthopedic pain management
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z A...Z
La servante

C'est une lampe (une  ampoule domestique de faible intensité) une ‘baladeuse’ posée sur un pied, placée généralement au milieu du plateau, en devant de scène, qui reste allumée quand le théâtre est plongé dans le noir, déserté entre deux représentations ou répétitions. Régulière, permanente, c’est elle qui veille lorsqu’il n’y a plus personne et assure aux acteurs et aux techniciens, l’éclairage indispensable pour ne pas se heurter aux murs et aux décors.

Cette veilleuse est parfois appelée sentinelle et  ne manque pas, de par son nom, d’être associée à l’idée de service rendu, de domestique fidèle et dévouée.

A mon avis, son origine proviendrait de problématiques de sécurité et surtout du aux feux de théâtres (très fréquents aux XVIII et XIX e siècle, vous pouvez d’ailleurs consulter mon blog qui traite de ce sujet, http://incendiesdetheatres.unblog.fr/ <http://incendiesdetheatres.unblog.fr/> ) , feux qui se produisaient souvent après les représentations, restes d’effets pyrotechniques mal éteint, ou dus aussi à des problèmes électriques, (ou actes mal vaillants) et pour cela on laissait dans le théâtre, la nuit après les représentations, un pompier de service (de garde), qui veillait sur scène avec un éclairage minimum, le rideau de fer baissé, afin de pouvoir détecter un éventuellement début d’incendie (plus facile dans la pénombre). Deux référence à ce sujet : l’un  à l’ouvrage de Georges Moynet (architecte), ‘La machinerie théâtrale’ publié sans date (vers 1893) (A la librairie illustrée),  l’autre à l’ouvrage de M.J Moynet, ‘L’envers du théâtre’ publié en 1888 (Librairie Hachette et Cie) et dont voici les extraits :  « Voici l’escalier, aux marches revêtues de plaques de fonte, qui donne accès aux étages de loges. Quelques degrés nous amènent à une porte de tôle qui bat en tous sens. Nous sommes sur la scène. La première impression est curieuse. Un silence lourd plane dans ce vaisseau immense, que remplit à d’autres heures l’animation, le bruit, et les chants d’une foule. Le plus souvent, une obscurité profonde jette un voile opaque sur toute choses. Devant le rideau de tôle pleine qui sépare la salle de la scène, une petite lumière éclaire d’une lueur douteuse le pompier de garde, entouré des agrès destinés à éteindre un commencement d’incendie. » « Après avoir traversé un corridor et franchi un escalier peu éclairé, nous entrons dans un grand espace, dont nous ne distinguons pas bien les extrémités à cause de l’obscurité. Une petite lanterne, placée sur une table, jette assez de lumière pour faire jaillir un point brillant sur le casque d’un pompier assis à côté. »

La servante est de plus en plus remplacée par un éclairage de service appelé souvent le balayage (éclairage placé dans le gril technique de la salle ou de la scène) qui est plus utilisé pour des raisons pratiques (circuler sans encombre) que de sécurité (surveillance contre un incendie).

En anglais, elle est nommée Ghost Lamp, en référence aux fantômes qui hantent le théâtre quand il se vide (notamment le lundi soir, jour de relâche, appelé Ghost Night).

Olivier Py, auteur de théâtre français contemporain, a titré une de ses pièces, La Servante, histoire sans fin cycle de 5 pièces et 5 dramaticules d'une durée totale de vingt-quatre heures, hommage métaphorique à cette fragile présence dans le noir vacant de la cage de scène, en attente de vie, présentée en intégrale au Festival d'Avignon 1995 et repris à la Manufacture des Œillets à Ivry en 1996.

 

 

17 mars 2010