13 Feb
13Feb

Protection contre l'incendie

Traité d’Aménagement des salles de spectacles L’équipement des scènes et des estrades Par Louis Leblanc et Georges Leblanc. 1950


Rideau de fer

Appelé parfois ‘rideau de sécurité’, il est d’abord composé de mailles métalliques puis de plaques de fer, afin de limiter la propagation des incendies nombreux dans les théâtres de l’époque.
Une vaste campagne de travaux menée par Guadet en 1893, vise à protéger la Salle Richelieu du feu via l’installation d’un rideau de fer, ce qui n’empêche malheureusement pas l’incendie de 1900 qui ravage le bâtiment de la Comédie-Française. Depuis cette date, on a rendu obligatoire, avant chaque représentation, le ‘chargement’ du rideau
de fer. Un rideau d’eau (conduite d’eau) est placé derrière le rideau de fer pour inonder le plateau en cas d’incendie. C’est Olivier Debré, en 1987, qui a signé les peintures du rideau de fer de la Salle Richelieu

Opéra-comique, la scène du théâtre, avec son rideau de fer. Agence Rol. 1923. Source gallica.bnf.fr / BnF


Rideau de fer - Manoeuvre


Manœuvre des rideaux en fer par l'électricité.

On a tenté depuis quelques années, de confier aux moteurs électriques la manœuvre des lourds rideaux en fer destinés, en cas d'incendie, à séparer complètement la salle de la scène. On sait, en effet, que la scène est la partie du théâtre où se trouvent
concentrés en plus grand nombre les risques d 'incendie ; on a donc jugé indispensable de pouvoir isoler absolument les deux parties du théâtre l’une de l'autre avant que les torrents de fumée produits par la combustion des premiers lambeaux de décors aient pu envahir la salle et que les spectateurs se trouvent exposés aux dangers de l'asphyxie ou à ceux qui résultent de l'affolement produit par la panique. Le filet métallique à larges mailles, qui servait autrefois à empêcher les décors enflammés de tomber dans la salle, n'offrait qu'une protection illusoire, et on a dû le remplacer par un rideau en fer plein, constituant une fermeture hermétique.
L'électricité offre encore ici des avantages incontestables ; non seulement elle se prête parfaitement à la manœuvre de ces rideaux, dont le poids est souvent considérable, mais encore elle permet de commander cette manœuvre d'un point quelconque du théâtre; il suffit de placer, partout où l'on croira utile de le faire, de simples boutons de sonnerie, destinés à fermer le circuit du moteur qui commande le rideau; toute personne qui s'apercevra de la naissance d'un incendie sur la scène n'aura qu'à presser un bouton pour faire descendre le rideau. Un de ces boutons pourra être placé chez le concierge, pour le cas d'un incendie aperçu d'abord du dehors. Il serait utile que le même courant qui fait baisser le rideau de fer produisit en même temps l'ouverture automatique, dans les combles de la scène et peut-être aussi dans le haut de la salle, de vantaux destinés à l'évacuation rapide des fumées asphyxiantes.
Un système analogue à celui que nous venons d'indiquer, imaginé par M. Larochette, fut essayé, en 1887,au théâtre des Nations, à Paris.
Deux systèmes ont été actuellement soumis au contrôle de l'expérience: dans le premier, l'ascension du rideau est due à la poussée exercée par l'eau sur des pistons, comme cela a lieu également pour les ascenseurs; le courant électrique, qui peut être fourni par une pile, intervient seulement pour produire l'entrée ou la sortie de l'eau dans les cylindres; dans le second, la manœuvre est purement électrique : un moteur électrique fait tourner le treuil sur lequel s'enroulent les cordes supportant le rideau. L'électricité au théâtre. 

Julien Lefèvre. Paris.1894. A. Grelot, éditeur de l'encyclopédie électrique.

Le rideau de fer du théâtre du Châtelet, à Paris.


Servante

C'est une lampe (une ampoule domestique de faible intensité) une ‘baladeuse’ posée sur un pied, placée généralement au milieu du plateau, en devant de scène, qui reste allumée quand le théâtre est plongé dans le noir, déserté entre deux représentations ou répétitions. Régulière, permanente, c’est elle qui veille lorsqu’il n’y a plus personne et assure aux acteurs et aux techniciens, l’éclairage indispensable pour ne pas se heurter aux murs et aux décors. Cette veilleuse est parfois appelée sentinelle et ne manque pas, de par son nom, d’être associée à l’idée de service rendu, de domestique fidèle et dévouée. A mon avis, son origine proviendrait de problématiques de sécurité et surtout dû aux feux de théâtres (très fréquents aux XVIII et XIX e siècle) , feux qui se produisaient souvent après les représentations, restes d’effets pyrotechniques mal éteint, ou dus aussi à des problèmes électriques, (ou actes mal vaillants) et pour cela on laissait dans le théâtre, la nuit après les représentations, un pompier de service (de garde), qui veillait sur scène avec un éclairage minimum, le rideau de fer baissé, afin de pouvoir détecter un éventuellement début d’incendie (plus facile dans la pénombre). Deux références à ce sujet : l’un à l’ouvrage de Georges Moynet (architecte), ‘La machinerie théâtrale’ publié sans date (vers 1893) (A la librairie illustrée), l’autre à l’ouvrage de M.J Moynet, ‘L’envers du théâtre’ publié en 1888 (Librairie Hachette et Cie) et dont voici les extraits : « Voici l’escalier, aux marches revêtues de plaques de fonte, qui donne accès aux étages de loges. Quelques degrés nous amènent à une porte de tôle qui bat en tous sens. Nous sommes sur la scène. La première impression est curieuse. Un silence lourd plane dans ce vaisseau immense, que remplit à d’autres heures l’animation, le bruit, et les chants d’une foule. Le plus souvent, une obscurité profonde jette un voile opaque sur toute choses. Devant le rideau de tôle pleine qui sépare la salle de la scène, une petite lumière éclaire d’une lueur douteuse le pompier de garde, entouré des agrès destinés à éteindre un commencement d’incendie. » « Après avoir traversé un corridor et franchi un escalier peu éclairé, nous entrons dans un grand espace, dont nous ne distinguons pas bien les extrémités à cause de l’obscurité. Une petite lanterne, placée sur une table, jette assez de lumière pour faire jaillir un point brillant sur le casque d’un pompier assis à côté. » La servante est de plus en plus remplacée par un éclairage de service appelé souvent le balayage (éclairage placé dans le gril technique de la salle ou de la scène) qui est plus utilisé pour des raisons pratiques (circuler sans encombre) que de sécurité (surveillance contre un incendie). En anglais, elle est nommée Ghost Lamp, en référence aux fantômes qui hantent le théâtre quand il se vide (notamment le lundi soir, jour de relâche, appelé Ghost Night). Olivier Py, auteur de théâtre français contemporain, a titré une de ses pièces, La Servante, histoire sans fin cycle de 5 pièces et 5 dramaticules d'une durée totale de vingt-quatre heures, hommage métaphorique à cette fragile présence dans le noir vacant de la cage de scène, en attente de vie, présentée en intégrale au Festival d'Avignon 1995 et repris à la Manufacture des Œillets à Ivry en 1996.


Consigne générale relative au service des sapeurs-pompiers dans les théâtres



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