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Au pays du rêve : l’Antre des Fantômes

Le “pays du rêve”, plus peuplé de fantôme que de rêves, se trouve constitué par une scène de petit théâtre n’ayant que 2 mètres sur 3 mètres de surface; elle est tendue de noir, comme l’entrée de quelque lugubre vestibule mortuaire, mais le fond en est fortement et brillamment éclairé. On va, en effet, user des contrastes lumineux.

Au fond de la petite scène, il y a une chaise et une table.

Le régisseur prie un spectateur intrépide et de bonne volonté de venir s’asseoir sur la chaise et s’accouder sur la table dans l’attitude paisible du “penseur”.

Tout aussitôt, un terrifiant fantôme s’approche de lui, lui passe la main sur la tête, l’enveloppe des plis de son suaire, avance, recule, finit par l’embrasser.

Les spectateurs frémissent dans la salle, oppressés d’horreur. Quant au personnage de bonne volonté qui est allé s’asseoir sur cette chaise infernale, il ne manifeste pas la moindre émotion. Il reste impassible, souriant, cynique.

La raison est simple : il ne voit absolument rien de l’apparition spectrale.

Le truc consiste en ceci.

Une glace sans tain est placée au milieu de la scène perpendiculairement au plancher et formant un angle de 45 degrés avec le fond du théâtre.

Dans la coulisse de gauche, se place l’acteur “déguisé en fantôme”, avec un masque de squelette et enveloppé de linges blancs.

Fortement éclairée par un projecteur, son image vient se produire sur la glace sans sans tain, rebondit à 45 degrés, c’est à dire donc perpendiculairement au fond du théâtre, et va se détacher en blanc sur le fond noir, à l’endroit où se trouve assis le spectateur dont le sang-froid défie les spectres.

L’illusion est parfaite. 'L’acteur-fantôme', qui voit le sujet assis, alors qu’il n’en est pas vu, se livre, à son égard, à toutes sortes de gestes et fait d’intimidantes contorsions.

Le spectateur de bonne volonté est amené de la salle sur la scène en prenant un petit couloir latéral et il est bien convenu avec lui qu’il sera reconduit par le même chemin après que le rideau a été baissé. On a vu, en effet, des sujets, tout fiers de l’ovation que leur valait leur calme intrépide, devenir, pour un instant, acteurs pour tout de bon, se lever, et s’avancer brusquement vers le devant de la scène pour y recueillir les bravos. Mais alors, ils rencontraient sur leur trajet la glace sans tain interposée, se cognaient violemment contre elle, et l’on avait ce spectacle supplémentaire du spectre sortant de la coulisse pour accourir au secours de son comparse inconscient.

En tout état de cause, c’est là un truc optique très simple, facile à installer, et fort amusant.

 

 

 

         

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13 janvier 2011