L’allemande
Apparue dans les cours européennes à la Renaissance, l’allemande est une danse de couple au caractère généralement posé et mesuré. Son nom renvoie à une origine ou à une manière de danser considérée comme allemande, bien que la danse se soit largement diffusée en France et dans d’autres pays d’Europe. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, elle évolue et trouve également une place importante dans la musique instrumentale, notamment au sein de la suite baroque.

Couple dansant à la Renaissance. Gravure de Heinrich Aldegrever, 1551. National Gallery of Art, Washington.
La bourrée
D’origine française et attestée dès le XVIe siècle, la bourrée est une danse vive qui connaît une importante diffusion aux XVIIe et XVIIIe siècles. Associée à certaines traditions populaires, notamment du centre de la France, elle gagne également les milieux de cour et le répertoire savant. Reconnaissable à son mouvement animé et à son rythme marqué, elle trouve aussi une place durable dans la musique instrumentale et les suites de danses de l’époque baroque.

La Petite Bourée, chorégraphie de Guillaume-Louis Pécour, 1710. Sous la partition musicale, les deux tracés symétriques indiquent les pas et les déplacements des danseurs selon la notation Beauchamp-Feuillet. Source : Gallica/BnF.
La bourrée bourbonnaise

La Bourrée bourbonnaise. Autour des musiciens installés sur des tonneaux, les couples exécutent cette danse traditionnelle du centre de la France. La scène témoigne de la persistance de la bourrée dans les pratiques populaires au XIXe siècle, après son adoption par les milieux de cour et la musique savante. Origine : Régnier, d’après Charles Bour, Bourrée bourbonnaise, chromolithographie publiée chez Talbot, 1858. Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie.
Note : À ne pas confondre : la bourrée traditionnelle d’Auvergne ou du Berry désigne des pratiques populaires régionales, transmises sous des formes diverses et encore dansées aujourd’hui. La bourrée de cour est une adaptation stylisée et codifiée, généralement à deux temps, introduite dans les bals, les spectacles et les suites musicales des XVIIe et XVIIIe siècles. Elles portent le même nom, mais ne correspondent ni aux mêmes usages ni toujours au même rythme.
Le branle
Très répandu en France aux XVIe et XVIIe siècles, le branle est une danse collective dont le nom vient du verbe ‘branler’, alors employé au sens de se mouvoir ou d’osciller. Les danseurs, disposés en ligne ou en cercle et souvent reliés par les mains, exécutent principalement des déplacements latéraux. Il en existe de nombreuses formes — branle simple, double, gai ou encore branles associés à certaines régions ou métiers — qui témoignent de sa grande diversité, aussi bien dans les fêtes populaires que dans les milieux de cour.

Le Branle allemand, début du XVIIIe siècle. La partition musicale est accompagnée du tracé des déplacements collectifs, dont les lignes courbes et entrecroisées matérialisent les figures exécutées par les danseurs. Source : Gallica/BnF.
Note : À ne pas confondre : les branles populaires régionaux sont des danses collectives transmises localement, en chaîne ou en ronde, dont les pas varient selon les territoires. Le branle de cour appartient au répertoire codifié des bals de la Renaissance, notamment décrit par Thoinot Arbeau dans son Orchésographie, publiée en 1589. Il reprend le principe du déplacement latéral collectif, mais dans une forme ordonnée selon les usages de cour.

Le Branle des Folles, gravure anonyme, vers 1560, Recueil de pièces facétieuses et bouffonnes (1500-1650), collection Michel de Marolles, folio 98, Bibliothèque nationale de France.