Danse orientale

Développée principalement en Égypte et dans plusieurs régions du Moyen-Orient, la danse orientale regroupe différentes traditions fondées sur une grande mobilité du bassin, du torse et des bras. Connue notamment sous la forme du raqs sharqi, elle se transforme au contact de la scène et des cabarets au cours des XIXe etXXe siècles. Sa diffusion internationale contribue à en faire l’une des formes de danse du monde arabe les plus connues en Occident.

Danseuse en Égypte, photographiée par G. Lékégian & Cie, probablement à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. Le costume, les bijoux et la position des bras témoignent des formes de danse pratiquées avant le développement du spectacle oriental moderne. Source : New York Public Library, collection Photographs and Prints of Egypt and Syria, Digital ID 88420.

Danses chinoises

Les danses chinoises s’inscrivent dans une histoire plurimillénaire et recouvrent une très grande diversité de traditions. Danses de cour, rituelles, populaires ou théâtrales côtoient des formes emblématiques comme les danses du dragon, du lion, de l’éventail ou du ruban. Gestes, costumes et accessoires y occupent souvent une place essentielle, témoignant de la richesse des cultures et des traditions régionales de la Chine.

Danseuse aux longues manches, Chine, dynastie des Han occidentaux, IIe siècle avant notre ère. Cette statuette en terre cuite saisit l’interprète en plein mouvement : une manche rejetée derrière l’épaule, l’autre prolongée vers le sol, elle avance en fléchissant légèrement les genoux. Metropolitan Museum of Art, New York.

Danses coréennes

Les danses coréennes se sont développées au fil des siècles dans les cours royales, les cérémonies religieuses, les fêtes villageoises et les spectacles populaires. Certaines accompagnent les rites chamaniques ou bouddhiques, tandis que d’autres célèbrent les récoltes, les saisons ou les grands événements de la communauté.

Elles se distinguent souvent par la maîtrise du geste, la fluidité des déplacements et l’importance accordée aux costumes, aux longues manches, aux éventails, aux tambours ou aux masques. Des danses de cour aux danses populaires et masquées comme le talchum, elles témoignent de la richesse et de la diversité de la culture coréenne.

Le Jeune Danseur (Mudong), Kim Hong-do, vers 1780. Un jeune interprète danse au son d’un ensemble traditionnel composé de flûtes, de tambours et d’un instrument à cordes. Le mouvement des manches, les rubans flottants, la position des bras et la pointe du pied relevée traduisent toute l’énergie de la danse. National Museum of Korea, Séoul. National Museum of Korea, A Dancing Boy, œuvre du domaine public.

Danses d’Asie centrale

Les danses d’Asie centrale reflètent la diversité des peuples établis entre la mer Caspienne, les steppes et les anciennes routes de la soie. Elles regroupent notamment les traditions de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et du Turkménistan, façonnées par les échanges entre cultures nomades et sociétés urbaines.

Gestes délicats des mains, mouvements expressifs du visage, rotations, frappes rythmiques et costumes richement ornés caractérisent nombre de ces danses. Exécutées lors des fêtes, des mariages ou des cérémonies, elles racontent aussi bien la vie quotidienne que les récits héroïques et les traditions propres à chaque région.

Jeune danseur accompagné par un ensemble de musiciens à Samarcande, dans l’actuel Ouzbékistan, entre 1905 et 1915. Les costumes richement décorés, les instruments et la disposition du groupe témoignent d’une tradition de spectacle urbain propre à l’Asie centrale. Photographie de Sergueï Prokoudine-Gorski. Library of Congress, collection Prokoudine-Gorski.

Danses d’Asie du Sud-Est

De l’Indonésie à la Thaïlande, du Cambodge au Vietnam ou à la Birmanie, l’Asie du Sud-Est possède une extraordinaire diversité de traditions chorégraphiques. Danses de cour, rituelles, théâtrales ou populaires se caractérisent souvent par une gestuelle très codifiée, des costumes élaborés et une relation étroite avec la musique et le récit. Les danses khmères, thaïlandaises, balinaises ou javanaises comptent parmi les expressions les plus remarquables de ce vaste patrimoine.

Danseurs du Palais royal de Phnom Penh interprétant Sita et Ravana, personnages du Reamker, la version khmère du Ramayana. Cette carte postale de 1920–1924 montre les costumes somptueux, les coiffures, les masques et les gestes codifiés caractéristiques du ballet royal du Cambodge. Carte postale publiée par Francis Alexandre Decoly, 1920–1924. Wikimedia Commons.

Danses indiennes

L’Inde possède une tradition chorégraphique particulièrement ancienne et diversifiée, où danse, musique, théâtre et récit sont souvent étroitement associés. Parmi ses grandes formes classiques figurent notamment le bharatanatyam, le kathak, le kathakali, l’odissi ou le kuchipudi, auxquels s’ajoutent de nombreuses danses populaires et régionales. Gestes des mains, expressions du visage, rythmes et mouvements du corps composent un langage chorégraphique d’une grande richesse.

Danseuse de Tanjore, dans le sud de l’Inde. Cette lithographie de 1899 montre une interprète parée de bijoux adoptant une posture chorégraphique expressive. La tradition dansée de Tanjore est étroitement liée au sadir, forme ancienne dont est issu le bharatanatyam moderne. Lithographie de Paul Gerhardt, publiée par la Ravi Varma Press, 1899 — collection Paper Jewels, Wikimedia Commons. Licence libre CC BY 4.0.

Danses japonaises

Au Japon, la danse s’est développée à travers des traditions religieuses, populaires et théâtrales très diverses. Des anciennes danses rituelles aux formes liées au nô et au kabuki, en passant par les danses populaires du bon odori, elle occupe une place importante dans la culture japonaise. Souvent très codifiés, les mouvements accordent une attention particulière au geste, à la posture, au costume et à l’expression scénique.

Personnages inspirés des peintures populaires d’Ōtsu dansant lors de la fête de Bon. Cette estampe montre la diversité des gestes, des postures et des costumes associés au bon odori, danse collective liée au culte des ancêtres. Utagawa Hiroshige, Danse de Bon dans le style Ōtsu-e, vers 1847-1852 — Honolulu Museum of Art, collection James Michener. Domaine public.

Danses persanes

Les danses persanes se sont développées en Iran et dans les régions marquées par la culture persane. Présentes autrefois dans les cours, mais aussi lors des fêtes et des célébrations familiales, elles réunissent des formes savantes, populaires et régionales.

Elles accordent une place essentielle à l’expression du visage, aux mouvements délicats des mains et des bras ainsi qu’aux ondulations du buste. Souvent élégantes et expressives, elles peuvent évoquer tour à tour la grâce, la séduction, la joie ou le récit d’une émotion.

Danseuse persane vêtue d’un riche costume de cour. La position du buste et le mouvement délicat des mains et des bras illustrent l’élégance et l’expressivité caractéristiques des danses persanes. Artiste anonyme, Iran, époque qadjare, début du XIXe siècle, huile sur toile — Doris Duke Foundation for Islamic Art, dépôt au Honolulu Museum of Art. Domaine public.

Danses turques

Les danses turques témoignent de la diversité des peuples et des régions de l’Anatolie, au carrefour de l’Europe, de l’Asie et du Moyen-Orient. Elles se pratiquent lors des mariages, des fêtes collectives, des cérémonies et, autrefois, dans le cadre de la cour ottomane.

Danses en ligne ou en cercle, mouvements rapides, frappes de pieds et jeux de foulards caractérisent nombre de traditions populaires, comme le halay, le horon ou le zeybek. À celles-ci s’ajoutent les danses rituelles liées au soufisme et les formes héritées du spectacle ottoman.

Derviches mevlevis exécutant la cérémonie rituelle du sema à Istanbul, vers 1720-1737. Peinture de Jean-Baptiste Vanmour. Rijksmuseum, Amsterdam. Cette œuvre montre très clairement les mouvements tournoyants, les longues robes mises en mouvement par la rotation, les musiciens et l’espace cérémoniel. Elle illustre cependant la tradition soufie, qui ne représente qu’une partie de la grande diversité des danses turques. L’œuvre est conservée au Rijksmuseum