Ballet Conty et les Belga Girls
Dans les années 1930, Henry Philippe et Géo Conty présentent le Ballet Conty, associé aux Belga Girls, annoncées comme ‘trépidantes’. Ce qualificatif promet au public un spectacle animé, fondé sur l’énergie des danseuses et l’effet d’ensemble. Sous leur nom collectif, ces artistes sont mises en avant dans un univers de revue et de music-hall. Leur publicité privilégie la troupe : aucune interprète n’est nommée individuellement. Les Belga Girls apparaissent ainsi comme une attraction dont l’identité repose sur le groupe plutôt que sur une vedette désignée. Leur histoire demeure cependant difficile à reconstituer. Le catalogue de Poster Auctions International signale lui-même l’absence de renseignements retrouvés sur leurs représentations. Cette affiche conserve donc une trace précieuse de leur nom et de leur présence dans la publicité du spectacle.
Source : Poster Auctions International, notice Ballet Conty. 1931 ; PosterConnection, catalogue de vente du 29 avril 2017, lot 184.

Gaston Girbal (1888–1978), Ballet Conty avec les trépidantes Belga Girls, affiche lithographiée, années 1930. Présentation : Henry Philippe et Géo Conty. Danseuses en costumes rouges et hauts-de-forme sur fond bleu. Datée de 1931 par Poster Auctions International et vers 1935 par PosterConnection.
Bouquet de beautés
Le « bouquet de beautés » de la Rose Hill Company
Fondée aux États-Unis et dirigée par les comédiens Rice et Barton, la Rose Hill English Folly Company était une troupe itinérante de burlesque et de variétés active à la fin du XIXe siècle.
Cette affiche de 1899 met en avant ses danseuses dans une profusion de costumes colorés. Présentées comme Our Bouquet of Beauties, « notre bouquet de beautés », elles sont entourées des visages caricaturaux d’un public masculin admiratif. L’image révèle ainsi les procédés publicitaires alors employés pour annoncer ces spectacles : couleurs éclatantes, humour et abondance de figures féminines.

Rose Hill English Folly Company – Our Bouquet of Beauties, lithographie en couleurs de la Courier Lithograph Company, Buffalo, 1899.
Danseuses de cake-walk
Les danseuses de cake-walk du Casino de Paris
Réunies autour d’une petite table, six danseuses du Casino de Paris posent devant l’objectif du photographe Waléry. Leurs costumes coordonnés, leurs larges chapeaux et leurs attitudes complices donnent à ce portrait de troupe l’apparence d’une scène de répétition.
Né dans les communautés afro-américaines du sud des États-Unis, le cake-walk était à l’origine une danse parodique imitant les manières de la société blanche. Devenu un numéro de spectacle, il conquiert les scènes européennes au tournant du XXe siècle, souvent au prix d’une transformation qui en efface les origines et reprend parfois les stéréotypes raciaux de l’époque.
Au Casino de Paris, ces danseuses participent à cet engouement pour une danse nouvelle, rythmée et spectaculaire. La photographie, réalisée vers 1900, témoigne à la fois de la vogue parisienne du cake-walk et de la place occupée par les troupes féminines dans les spectacles de la Belle Époque.
Source : Smithsonian Institution, National Museum of American History, Hoffman/Boaz Postcard Collection.

Les danseuses de « Cake-Walk » du Casino de Paris, photographie de Waléry, vers 1900.
Danseuses de la Scala
Huit artistes de la Scala prennent ici la pose devant l’objectif du photographe Paul Darby. Disposées en plusieurs rangées, elles portent des robes claires à volants et de larges chapeaux assortis, probablement conçus pour un même numéro.
Cette composition très ordonnée met en valeur l’unité du groupe. Les costumes identiques, les attitudes élégantes et les regards dirigés vers l’objectif transforment la photographie en une véritable image de troupe, destinée à être diffusée auprès du public sous la forme d’une carte postale.
Au début du XXe siècle, la Scala, célèbre café-concert du boulevard de Strasbourg à Paris, présente des chansons, des numéros comiques et des tableaux dansés. Ces groupes féminins contribuent largement à l’éclat visuel de ses spectacles.
Source : carte postale ancienne, éditeur A. N., Paris. Date et identité des danseuses non précisées.

Groupe de huit danseuses de la Scala, photographie de Paul Darby, Paris, début du XXe siècle.
Interprètes de Lysistrata
Les interprètes de Lysistrata devant l’objectif de Nadar
Réunies devant l’objectif de l’atelier Nadar, Mlles Langanne, Janot, Maude, Jane Norris, Ael et Gandon prennent la pose dans leurs élégants costumes de scène.
Cette photographie collective est associée à Lysistrata ou l’Assemblée des femmes, une adaptation de l’œuvre d’Aristophane réalisée par Maurice Donnay et Amédée Dutacq en 1892. Le décor peint, les robes raffinées et les attitudes soigneusement composées transforment le portrait en une véritable petite scène théâtrale.
À la fin du XIXe siècle, les photographies d’artistes contribuent à faire connaître les interprètes et les spectacles. Conservées dans les albums de l’atelier Nadar, elles constituent aujourd’hui de précieux témoignages sur les actrices, leurs costumes et l’univers visuel du théâtre parisien.
Source : Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie, Gallica ; ministère de la Culture, Médiathèque du patrimoine et de la photographie, notice APNADAR025670.

Mlles Langanne, Janot, Maude, Jane Norris, Ael et Gandon dans Lysistrata ou l’Assemblée des femmes, photographie de l’atelier Nadar, vers 1892.
Les Pastourettes
Les Pastourettes : un imaginaire pastoral sur scène
Cette photographie ancienne présente deux artistes costumées pour un numéro intitulé Les Pastourettes. L’une porte une longue robe fleurie et soulève un ample voile ; l’autre, vêtue en jeune berger, tient une flûte et porte une gourde à la ceinture.
Leurs costumes, leurs accessoires et leurs poses évoquent une Arcadie de fantaisie, ce monde champêtre idéalisé depuis longtemps par le théâtre, l’opéra et le ballet. Au début du XXᵉ siècle, cet imaginaire pastoral demeure très présent dans les spectacles dansés et les pantomimes.
La photographie ne montre cependant pas la danse elle-même : il s’agit plutôt d’un portrait de scène destiné à présenter les interprètes et l’atmosphère du numéro. En l’absence d’autres indications, leur identité, le spectacle et le théâtre où elles se produisaient restent à déterminer.
Source : photographie ancienne, auteur, date et provenance non identifiés.

Les Pastourettes, deux artistes en costumes de scène d’inspiration pastorale, probablement au début du XXᵉ siècle.
Les Ponnètes
Les Ponnettes : un ensemble féminin de la Belle Époque
Ces cartes postales présentent un groupe d’artistes désigné sous le nom de Les Ponnettes. Datées de 1907, elles montrent un ensemble féminin réuni dans plusieurs costumes et compositions soigneusement préparées pour la photographie.
Les robes coordonnées, les coiffes imposantes et les grandes fleurs tenues à la main témoignent du goût de la Belle Époque pour les tableaux décoratifs. La disposition symétrique des interprètes transforme le groupe en une véritable composition visuelle, où les costumes, les accessoires et les attitudes comptent autant que la danse elle-même.
La publication de plusieurs cartes sous le même nom laisse penser que Les Ponnettes constituaient un numéro collectif identifié et présenté au public. Cependant, en l’absence de programme ou d’article de presse, leur théâtre, leur ville d’origine et le contenu précis de leurs spectacles ne peuvent pas être établis avec certitude.
Source : catalogue Jersey Heritage, carte postale Les Ponnettes, éditeur M.G., 1907, référence JHTO/0000/00016/247.

Les Ponnettes réunies dans des costumes assortis, coiffées et entourées de grandes fleurs décoratives. Carte postale M.G., no 510, 1907.

Les Ponnettes dans une composition organisée autour d’une balançoire. Carte postale partiellement colorisée, M.G., vers 1907.

Les Ponnettes dans une autre tenue florale, disposées en tableau collectif pour la photographie. Carte postale M.G., vers 1907.
Marvelettes
Les Marvelettes : la danse en équilibre
Six artistes, des costumes assortis et une pyramide humaine : cette photographie des Marvelettes, datée de 1940 dans sa légende, associe la grâce des poses à la maîtrise acrobatique. Les bras dessinent des courbes, les sourires accompagnent l’effort et chaque appui contribue à l’équilibre de l’ensemble.
La légende identifie deux sœurs, Barbara et Mary Eloise Ames. Le parcours de cette dernière éclaire l’univers de la troupe : elle avait commencé avec les Five Ames Sisters, un groupe familial de danse et de claquettes originaire de Nutley, dans le New Jersey. Les sœurs se produisirent dans le vaudeville à New York, avant que Mary Eloise ne rejoigne les Marvelettes. Ce passage est confirmé par sa notice biographique publiée par Henry Funeral Home.
Sur ce cliché, la précision des prises et la symétrie des attitudes transforment une figure de force en tableau de spectacle. Derrière l’apparente facilité se devinent le travail collectif et la confiance entre partenaires.
Source : légende de la publication « The Marvelettes – 1940 », attribuée dans la capture au compte Brian Murphy — btm2222 sur Flickr.

Les six Marvelettes en pyramide acrobatique, 1940 selon la légende. Barbara Ames se trouve en bas à gauche et Mary Eloise Ames au deuxième rang à droite. Photographe non identifié.
Quand les femmes prennent l’orchestre
Au début du XXe siècle, les orchestres féminins se multiplient aux États-Unis. Ils se produisent dans les théâtres de variétés, les salles de danse, les hôtels et les cinémas, où la musique accompagne encore les films muets.
Cette photographie présente huit musiciennes réunies autour d’une formation particulièrement complète : violon, violoncelle, trompette, trombone, saxophones, batterie et banjo. Leurs robes élégantes et la composition très étudiée de l’image participent à la présentation publique du groupe.
Ces ensembles offrent aux femmes de nouvelles possibilités professionnelles dans un monde musical encore largement dominé par les hommes. Certaines formations sont présentées comme des attractions, mais leurs musiciennes doivent faire preuve d’une réelle polyvalence pour interpréter les répertoires populaires, accompagner les spectacles et suivre les tournées.
Ce portrait témoigne ainsi de la place grandissante conquise par les femmes dans la vie musicale et le monde du spectacle.
Source : photographie ancienne diffusée et restaurée par Robin Clark, Memory Lane Photos. Le nom de l’orchestre, le lieu et la date exacte de la prise de vue ne sont pas connus.

Orchestre féminin américain réunissant neuf musiciennes et leurs instruments, probablement dans les années 1920.
Quatre artistes de l’Alcazar d’Été
Miss Mac Sprit, Miss Haslam, Miss Cairns et Miss Wood posent dans des costumes identiques devant l’objectif du studio Waléry. Alignées les unes derrière les autres, elles portent de grandes coiffes ornées de nœuds et reproduisent toutes le même geste.
Les quatre artistes semblent adresser au spectateur un pied de nez, geste moqueur appelé en anglais cocking a snook. Leurs sourires lui donnent ici un caractère davantage espiègle qu’insultant et transforment le portrait traditionnel en une petite scène comique.
Cette carte postale, diffusée vers 1902, témoigne de l’importance des groupes féminins dans les programmes des cafés-concerts parisiens. Costumes assortis, attitudes synchronisées et fantaisie visuelle permettaient de rendre immédiatement reconnaissable un numéro collectif.
Source : carte postale ancienne photographiée par Waléry, Paris ; un exemplaire connu porte la date du 12 octobre 1902.

Miss Mac Sprit, Miss Haslam, Miss Cairns et Miss Wood, artistes de l’Alcazar d’Été, photographie de Waléry, vers 1902.
Six Grâces du Casino de Paris
Sous le nom des « SixGrâces », ces six artistes du Casino de Paris posent dans leurs robes légèresornées de volants et de fleurs. La carte postale colorisée met en valeurl’harmonie des costumes et l’unité du groupe.
Au début du XXesiècle, les troupes féminines occupent une place essentielle dans lesprogrammes des cafés-concerts et des music-halls. Leurs tableaux reposentautant sur la danse que sur la synchronisation des mouvements, l’élégance dessilhouettes et la richesse visuelle des costumes.
Le nom anglaiségalement imprimé sur la carte, The Six Graces, laisse penser que le groupecherchait aussi à séduire un public international.
Source: carte postale ancienne ; date, photographe et éditorialisation non précisés.

Les Six Grâces du Casino de Paris, carte postale colorisée, début du XXe siècle.