Le chahut

Apparu dans les bals publics parisiens au XIXe siècle, le chahut est une danse exubérante qui bouscule les règles et la bonne tenue du bal traditionnel. Nourri notamment par le quadrille, il se caractérise par des mouvements libres, des jambes lancées haut, des sauts et une gestuelle volontiers provocatrice. Jugé indécent par certains contemporains, il participe à l’émergence de cette danse spectaculaire et frondeuse qui conduira notamment au cancan.

Affiche de spectacle montrant toute l’exubérance de cette danse : jambes lancées, grands écarts et attitudes acrobatiques illustrent l’esprit provocateur et spectaculaire du chahut, précurseur du cancan.

La danse apache

Apparue dans les cabarets et spectacles parisiens au début du XXe siècle, la danse apache met en scène un couple dans une relation volontairement brutale et théâtralisée. Inspirée de l’imaginaire des ‘Apaches’, nom alors donné par la presse à certains voyous parisiens, elle mêle étreintes, poursuites, gifles simulées, chutes et mouvements acrobatiques. Plus proche d’un numéro spectaculaire que d’une danse de bal ordinaire, elle contribue à diffuser à l’étranger une vision pittoresque et sombre des bas-fonds du Paris de la Belle Époque.

Danse apache. Une danseuse et son partenaire, vêtu comme un « apache » parisien, exécutent cette danse spectaculaire mimant une dispute passionnée et parfois violente entre un souteneur et sa compagne.

Carte postale illustrée française intitulée Danse apache, dessin signé Alice Huertas, probablement publiée au milieu du XXe siècle.

La valse chaloupée

Malgré son nom, la valse chaloupée n’est pas une valse de salon traditionnelle. Il s’agit d’une forme spectaculaire de danse apache, popularisée à Paris par Mistinguett et Max Dearly au Moulin-Rouge vers 1908-1909. Elle mêle enlacements, déséquilibres et attitudes théâtrales.

Valse chaloupée. Un couple exécute cette danse parisienne suggestive, caractérisée par ses déhanchements et ses enlacements appuyés. Très populaire dans les cafés-concerts, elle fut rapidement assimilée à la danse apache. Origine : Xavier Sager, Valse chaloupée, danse des Apaches, carte postale illustrée française, vers 1911, édition K. F. Paris, no 4291.

Le French Cancan

Héritier du chahut et du quadrille pratiqués dans les bals parisiens du XIXe siècle, le French Cancan devient l’une des images les plus célèbres de la fête parisienne. Jupes relevées, grands battements, jambes projetées en l’air, sauts et figures acrobatiques composent progressivement son vocabulaire spectaculaire. D’abord associé à des danseuses et danseurs individualistes des bals populaires, il se transforme en numéro collectif de music-hall et conquiert le public international, au point de devenir un véritable symbole de Paris.

Voir : Quadrille naturaliste

French Cancan, film de Jean Renoir, 1954. Une vision haute en couleur du cancan parisien, avec ses jupons, ses grands battements de jambes et son énergie collective. Avec Jean Gabin, Françoise Arnoul et María Félix.

Danseuses de cancan au Jardin de Paris, célèbre établissement des Champs-Élysées. Le Panorama Paris la nuit, n° 5, 1898. La photographie montre le cancan devenu véritable numéro collectif de spectacle.

French Cancan au Moulin Rouge, Paris, 1960. Photographie de Nico Jesse (1911-1976). Le grand battement de jambe et les jupons relevés résument ici l’une des figures emblématiques du cancan.

Le Frou-Frou, affiche de Leonetto Cappiello, 1899. Une danseuse de cancan, jupe relevée et jambe lancée, incarne avec humour l’esprit léger et frondeur du journal parisien Le Frou-Frou.

Le Quadrille

Très populaire au XIXe siècle, le quadrille est une danse de société exécutée par plusieurs couples disposés généralement en carré et enchaînant différentes figures. Issu de formes chorégraphiques plus anciennes et fortement développé en France, il devient incontournable dans les salons comme dans les bals publics. À Paris, certaines de ses figures sont progressivement détournées par des danseurs plus turbulents, favorisant l’apparition du chahut et, plus tard, du cancan.

Folies-Bergère : Tous les soirs quadrille de l’Avenir. Affiche non identifiée. 1885. Source gallica.bnf.fr / BnF.

Quadrille, Moulin Rouge (Non daté). La Sauterelle. Nini pattes en l’air. La Goulue. Mome fromage. Grille d’égout

Le Quadrille naturaliste

À la fin du XIXe siècle, le quadrille naturaliste pousse beaucoup plus loin la liberté et l’exubérance acquises par le quadrille dans les bals parisiens. Associé notamment aux établissements de Montmartre et aux célèbres danseuses de l’époque, il privilégie grands écarts, coups de pied, jambes levées et figures spectaculaires. Héritier du chahut, il constitue une étape importante dans l’histoire de ce que l’on appellera bientôt le French Cancan et contribue à fixer l’image d’un Paris nocturne, populaire et volontiers provocateur.

Le Quadrille naturaliste. Dessin de Willette. 1885. Charles Gillot (1853-1903). Graveur. Source gallica.bnf.fr / BnF

Le Quadrille naturaliste aux Ambassadeurs. Paris Illustré. 1er aout 1886. 4ème année / n° 50