Acteur ou comédien ?
Les deux mots sont aujourd’hui souvent employés comme synonymes, mais leur histoire et leur nuance diffèrent. Le comédien désigne traditionnellement celui ou celle qui exerce le métier de jouer au théâtre, le mot ne signifie donc pas qu’il joue uniquement des comédies ! L’acteur, au sens plus large, est celui qui interprète un rôle, au théâtre comme, plus tard, au cinéma.
Dans l’histoire du théâtre, les deux termes se côtoient donc constamment : le comédien est un acteur par son métier, et l’acteur devient comédien lorsqu’il monte sur les planches… même si la pièce finit très mal !
Acteur
L’acteur est celui qui, sur la scène, cesse pour un temps d’être lui-même pour devenir un autre. Il prête à son personnage sa voix, son corps, ses gestes et ses émotions, avec cet étrange paradoxe propre au théâtre : faire croire à une passion que l’on doit pourtant parfaitement maîtriser.
Le Dictionnaire des Gens du Monde de 1818 en donne une définition particulièrement élégante : l’acteur est l’homme qui étudie ‘l’art de revêtir un autre caractère que le sien’, jusqu’à « oublier sa propre place, à force de prendre celle d’autrui ».
Mais le mot n’a pas toujours eu exactement la même valeur que celui de comédien. En 1878, Alfred Bouchard affirme même dans La Langue théâtrale : ‘Tout comédien est acteur ; mais tout acteur n’est pas comédien.’ Selon lui, l’acteur peut être particulièrement adapté à certains rôles, tandis que le comédien accompli doit pouvoir en interpréter beaucoup d’autres avec la même maîtrise.
La condition des acteurs a elle aussi considérablement changé au fil des siècles. Bouchard rappelle qu’ils furent très considérés dans la Grèce antique, tandis qu’à Rome monter sur un théâtre pouvait au contraire entraîner l’infamie.
Aujourd’hui, acteur et comédien sont largement synonymes, même si l’usage réserve volontiers le premier au cinéma et le second au théâtre.

Acteurs en représentation devant leur public. Abraham Bosse (1602-1676), dessin. Cinq acteurs, deux femmes et trois hommes, jouent sur scène devant un auditoire nombreux. Cette scène offre un précieux témoignage sur la représentation théâtrale au XVIIᵉ siècle. Source : gallica.bnf.fr / BnF.
Actrice
L’actrice est l’interprète féminine d’un personnage au théâtre. Une évidence aujourd’hui, mais qui ne l’a pas toujours été.
Dans le théâtre grec antique, les femmes ne montaient pas sur scène : les rôles féminins étaient eux aussi interprétés par des hommes, masqués et costumés. À Rome, la situation évolue partiellement : des femmes apparaissent comme interprètes, notamment dans les spectacles de mime, sans pour autant occuper dans l’ensemble du théâtre romain la place que leur attribuera beaucoup plus tard la scène moderne.
En France, l’actrice devient progressivement une figure essentielle de la vie théâtrale. Tragédiennes, comédiennes, chanteuses ou interprètes du boulevard, certaines acquièrent une célébrité considérable et participent pleinement à l’évolution de l’art dramatique. Mais derrière les grandes vedettes se trouvent également des générations d’actrices aujourd’hui presque oubliées, dont les photographies, affiches et programmes constituent parfois les dernières traces. L’histoire des femmes de théâtre demeure d’ailleurs encore largement à documenter.
En 1885, Arthur Pougin donne dans son Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre une définition révélatrice de la manière dont le XIXᵉ siècle considérait l’actrice : ‘Celle qui remplit un rôle, sur un théâtre, dans une action scénique.’ Une définition courte pour un métier qui, lui, n’a jamais manqué de rôles.
Actrice
Celle qui remplit un rôle, sur un théâtre, dans une action scénique. Aux premiers temps de l’art dramatique, en Grèce, il n’y avait point d’actrices, et les rôles de femmes étaient tenus par des hommes. A Rome, au contraire, les femmes étaient admises sur le théâtre, et l’art moderne ne saurait se priver du concours si précieux de l’élément féminin dans les représentations théâtrales.
Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie.

Jeanne Andrée dans Les Petits Mousquetaires, au théâtre des Folies-Dramatiques, 1885. Photographie de l’atelier Nadar. Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
Comédien
Le comédien est celui qui fait profession de devenir quelqu’un d’autre sous les yeux du public. Et contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, il n’est nullement condamné à faire rire : le mot ’ comédien’ désigne depuis longtemps l’interprète dramatique, qu’il joue la comédie, le drame ou la tragédie.
Une ancienne définition attribuée à Jean-Jacques Rousseau résume admirablement son art : ‘se contrefaire, […] revêtir un autre caractère que le sien’, se passionner tout en gardant la maîtrise de soi et parvenir finalement à oublier sa propre place pour prendre celle d’autrui. Cette définition est encore reprise dans le Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre de 1885.
Elle circulait d’ailleurs depuis longtemps dans la littérature théâtrale : le Dictionnaire théâtral ou douze cent trente-trois vérités, publié en 1825, la donne déjà comme définition du talent du comédien.
Quant à la difficulté du métier, le Petit dictionnaire des coulisses de 1835 rapporte ce conseil attribué à Voltaire, adressé à Lekain avant ses débuts : ‘jouez la comédie pour votre plaisir ; mais n’en faites jamais votre état’ , avant de reconnaître aussitôt qu’il s’agit du ‘plus beau, le plus rare et le plus difficile des talents’.
Deux siècles plus tard, le métier a évidemment changé. Mais son mystère reste à peu près le même : être parfaitement soi-même dans son art pour réussir, chaque soir, à faire croire que l’on est quelqu’un d’autre.

Les Comédiens. Jean-Léon Gérôme (1824-1904). Des comédiens en costume jouent une scène inspirée du théâtre antique devant un public attentif, illustrant avec force l’art de l’interprétation et de l’incarnation théâtrale. Collection : Bibliothèque publique de New York.
Comédienne
Le mot comédienne désigne une femme qui exerce l’art de la comédie, et plus largement une interprète dramatique. Comme pour comédien, le terme a depuis longtemps dépassé le sens strict de ‘celle qui joue la comédie’ : une comédienne peut aussi bien interpréter Molière qu’une tragédie, un drame ou une pièce de boulevard.

L’histoire des comédiennes est aussi celle d’une lente conquête de la scène. Longtemps absentes de certaines traditions théâtrales, dans l’Antiquité grecque notamment, où les rôles féminins étaient joués par des hommes, elles occupent progressivement une place essentielle dans le théâtre européen. En France, les comédiennes professionnelles sont bien présentes au XVIIᵉ siècle et deviennent bientôt indissociables de l’histoire des grandes troupes.
Certaines atteignent une immense célébrité : Mlle Champmeslé, Mlle Clairon, Mlle Dumesnil, Adrienne Lecouvreur, puis, au XIXᵉ siècle, Rachel ou Sarah Bernhardt. Mais le métier est aussi exercé par des milliers de femmes beaucoup moins célèbres, passant d’un théâtre à l’autre, apprenant des rôles parfois en quelques jours et vivant au rythme des engagements et des tournées.
Être comédienne, ce n’est donc pas seulement « jouer la comédie ». C’est faire profession d’interpréter des personnages sur scène, avec cette particularité propre au théâtre : recommencer chaque soir en donnant au public l’impression que tout arrive pour la première fois.

Réjane dans Madame Sans-Gêne, entourée des soldats, Théâtre du Vaudeville, 1893. Photographie de l’Atelier Nadar. Réjane (1856-1920) y interprète Catherine Hubscher, rôle qui demeure l’un des plus célèbres de sa carrière. Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
Acteur en représentations
Lorsqu’un acteur de l’un des théâtres de Paris va se joindre accidentellement à une troupe de province, dans les spectacles de laquelle il consent à se montrer, on dit qu’il est en représentations. Ce procédé était fort en usage autrefois et d’un effet presque certain sur le public des départements, qui, n’ayant guère la possibilité d’entendre et de connaître les artistes parisiens, accourait en foule lorsque quelqu’un d’entre eux venait ainsi s’offrir à lui. Aujourd’hui, que les chemins de fer amènent chaque jour à Paris des milliers de provinciaux, qui se répandent chaque soir dans les théâtres de la capitale, l’acteur en représentations n’a plus guère de raison d’être d’influence. Ou alors ce sont des troupes entières, qui, organisées à Paris, s’en vont faire par toute la France de grandes tournées, pour colporter une pièce nouvelle et la faire connaître partout. La rétribution offerte naguère à l’acteur en représentations par les directeurs de théâtres de province était de deux sortes: ou on lui offrait de courir les chances de l’exploitation faite avec lui en lui abandonnant la moitié de la recette nette de chaque spectacle (c’est- à-dire une fois déduit le montant des frais journaliers), ou il exigeait pour chaque représentation une somme fixe, qui variait selon la notoriété de l’artiste et l’importance du théâtre exploité c’est tantôt cent tantôt deux, trois quatre et même cinq cents francs par soirée.
Aujourd’hui, à Paris, certains comédiens ont pris l’habitude de ne s’attacher à aucun théâtre d’une façon permanente, et de s’engager seulement, tantôt dans l’un, tantôt dans l’autre, pour la durée d’une pièce dans laquelle ils sont chargés d’un rôle important. Le succès de la pièce épuisé, ils recouvrent leur liberté et vont s’engager ailleurs. On dit aussi de ceux-là qu’ils sont ‘en représentation’.
Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie.

Ruy Blas de Victor Hugo, affiche pour une ‘représentation extraordinaire’ au Grand Théâtre de Pau, 26 mai 1879, dans le cadre des Tournées littéraires & dramatiques. L’affiche annonce le ‘grand succès du Théâtre-Français’ et réunit une importante distribution. Maison de Victor Hugo, Hauteville House, Paris Musées.
Acteurs en salle
Faire surgir un acteur au milieu du public pour donner l’illusion qu’un véritable spectateur intervient dans la représentation n’es tpas une invention moderne. Le procédé était déjà employé au début du XVIIIᵉ siècle, notamment à l’ancien Opéra-Comique de la Foire.
Dans Arlequin traitant, de d’Orneval, Arlequin désigne depuis la scène un homme assis parmi les spectateurs. Celui-ci, furieux, se lève et vient lui donner de ses gants au visage. La garde intervient, et le public croit assister à un véritable incident. Mais tout était préparé : le spectateur offensé était lui-même un acteur dissimulé dans la salle. La révélation transformait alors l’inquiétude du public en éclat de rire.
Une vieille recette du théâtre, finalement : faire croire au public que le spectacle déraille… alors que tout se déroule exactement comme prévu !

Arlequin à la Foire Saint-Germain, au milieu des marchands et du public. C’est dans cet univers du théâtre forain parisien que l’on trouve, dès le début du XVIIIᵉ siècle, le procédé de ‘l’acteur en salle’, comédien mêlé aux spectateurs avant de révéler qu’il participe au spectacle.
Artiste
Voilà un mot qui, au théâtre, ne souffre guère de modestie… sauf chez ceux qui pourraient réellement se le permettre !
En 1825, le Dictionnaire théâtral ou douze cent trente-trois vérités sur les directeurs, régisseurs, acteurs, actrices et employés des divers théâtres en donne cette délicieuse définition : ‘Qualification que prennent les comédiens auxquels on la refuserait, et que négligent ceux qui ont le droit de la prendre.‘
Autrement dit : plus on tient à se proclamer artiste, plus il conviendrait peut-être de vérifier ! Quant aux véritables artistes, ils auraient apparemment autre chose à faire que de l’annoncer.
Deux siècles plus tard, la petite pique de 1825 n’a peut-être pas pris une ride… mais nous nous garderons bien de donner des noms !

M. Francell, artiste de l’Opéra-Comique, dans La Vie de Bohème, photographié par l’atelier Nadar en 1908. Source : gallica.bnf.fr / BnF.
Artiste dramatique
Au XIXᵉ siècle, l’expression ‘artiste dramatique’ constitue une dénomination générale pour ceux qui participent au jeu et à l’action scénique. Elle permet de réunir sous un même terme des spécialités pourtant très différentes.
Le tragédien joue la tragédie, le comédien la comédie ; le chanteur se consacre au chant et le danseur à la danse. Chacun possède donc sa spécialité, mais tous peuvent appartenir à cette grande famille des artistes dramatiques.
Le terme est ainsi plus large que celui de comédien ou d’acteur : il désigne moins un emploi particulier qu’une appartenance générale au monde de l’interprétation théâtrale. C’est en ce sens que le Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre l’emploie en 1885.
Source : Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent, Paris, Librairie de Firmin-Didot et Cie, 1885.

Constant Coquelin (1841-1909) dans le rôle de Cyrano de Bergerac, personnage de la pièce d’Edmond Rostand créée au Théâtre de la Porte-Saint-Martin en 1897. Photographie de l’atelier Nadar. Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
Les Comédiens du Roi
Sous l’Ancien Régime, le titre de ‘Comédiens du Roi’ désigne les acteurs appartenant aux troupes placées sous la protection royale. La troupe de Molière porta ce titre ; après la mort du dramaturge et les réorganisations successives, elle participa en 1680 à la formation de la Comédie-Française, par réunion avec les comédiens de l’Hôtel de Bourgogne.
Le titre n’était pas qu’une marque de prestige. Ces comédiens étaient véritablement attachés au service du souverain : ils pouvaient être appelés à jouer devant la cour à Paris, mais aussi dans les résidences royales, notamment Versailles, Fontainebleau ou Chambord. Certaines œuvres importantes étaient même représentées à la cour avant d’être offertes au public parisien. Les acteurs de la Comédie-Italienne, lorsqu’ils bénéficièrent eux aussi de la protection et des subsides royaux, prirent également le titre de ‘Comédiens du Roi’.
Les artistes de l’Opéra, en revanche, ne portèrent pas ce titre : leur institution avait sa propre appellation officielle, l’Académie royale de musique. Et lorsque la monarchie céda la place à l’Empire, la titulature suivit naturellement le régime : les ‘comédiens ordinaires du roi’ devinrent les ‘comédiens ordinaires de l’empereur’.

M. Dehelly, de la Comédie-Française, photographié en costume de scène par l’atelier Nadar, entre 1875 et 1895. Ce portrait, bien postérieur à l’époque des « Comédiens du Roi », illustre la continuité de la troupe de la Comédie-Française issue de la réunion de 1680. Atelier Nadar. Source : gallica.bnf.fr / BnF.

Les Comédiens ordinaires du Roi au Théâtre-Français, 7 février 1822. Affiche annonçant la 18ᵉ représentation de Sylla, tragédie en cinq actes d’Étienne de Jouy, suivie de Crispin rival de son maître, comédie en un acte de Lesage. Le document témoigne de l’usage encore officiel, sous la Restauration, du titre de « Comédiens ordinaires du Roi » pour la troupe du Théâtre-Français. Christophe-Jean-François Ballard, imprimeur, 1822 — Musée Carnavalet, Histoire de Paris.
Le comique troupier
Le comique troupier est un genre humoristique qui connaît un grand succès à la fin du XIXᵉ siècle et surtout au début du XXᵉ. Son personnage favori est le soldat de caserne : naïf, maladroit, fanfaron, parfois paresseux et rarement présenté comme un modèle de finesse. La vie militaire fournit un réservoir presque inépuisable de situations comiques : corvées, permissions, gradés autoritaires, conscrits ahuris, histoires de chambrée et discipline joyeusement malmenée.
Sur scène, le comique troupier adopte volontiers l’uniforme et force le trait. Gestes, mimiques, accents, jeux de mots et chansons participent au numéro. Même les noms des personnages deviennent des plaisanteries : Dumanet, Jean Pichu, Onésime Boquillon, Rondubec ou Bidasse appartiennent à cette galerie de soldats dont le patronyme annonce parfois à lui seul la couleur du spectacle.
Le genre prospère dans les cafés-concerts, music-halls et théâtres de variétés, où le public reconnaît immédiatement ses personnages et ses situations. Le militaire y est moins redoutable que redoutablement drôle : sous l’uniforme, les travers restent très civils. La caserne devient ainsi un petit théâtre dans le théâtre, avec ses chefs, ses victimes, ses rusés et surtout ses imbéciles magnifiques.
Longtemps considéré comme un divertissement populaire assez peu raffiné, certains jugements le qualifient même d’humour ‘lourd et grossier’, le comique troupier a pourtant profondément marqué l’imaginaire populaire français. Ses recettes lui survivront longtemps : soldats gaffeurs, gradés dépassés et armées où rien ne se déroule tout à fait comme prévu se retrouveront encore au cinéma, jusque dans les comédies militaires des années 1970.
Et comme souvent au théâtre, mieux valait ne pas chercher dans ces casernes-là un manuel de stratégie militaire : l’objectif était surtout de faire capituler le public… de rire.

Deux interprètes en costume militaire dans l’opérette Les 28 jours de Clairette, créée aux Folies-Dramatiques en 1892. Une image caractéristique de cet univers de caserne dont le comique troupier fera l’un de ses terrains de prédilection. Atelier Nadar, 1892. BnF.

Les Bidonant. ‘Les Rois du rire’. Numéro comique consacré aux ‘scènes de la vie de caserne’, l’un des thèmes favoris du comique troupier : soldats caricaturaux, discipline malmenée et quotidien militaire transformé en prétexte à rire. Pour celle-ci, je ne mettrais pas de date ni de source tant que nous ne les avons pas vérifiées.

Dumaine, ‘l’inimitable comique troupier’. Affiche illustrée présentant l’artiste dans ses Scènes de la vie de caserne. Les différentes expressions du personnage résument à elles seules les recettes du genre : uniforme, grimaces, caricature du soldat et ‘phénomène vocal’. Émile Gallice, illustrateur ; photographie Régis, 1914-1918. Source : gallica.bnf.fr / BnF.
Personnages
Au théâtre, le personnage est l’être imaginé par l’auteur et incarné sur scène par un acteur ou une actrice. Qu’il occupe le premier rôle ou n’apparaisse que quelques instants, dès lors qu’il participe à l’action dramatique, il appartient au monde des personnages de la pièce.
Mais le personnage n’existe véritablement sur scène que lorsqu’un interprète lui prête son corps, sa voix, ses gestes et ses émotions. Le travail de l’acteur consiste alors à lui donner une personnalité et à rendre son caractère avec suffisamment de naturel et de vérité pour que le public oublie, pendant quelques instants, celui qui se cache derrière le rôle.
Le Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre de 1885 résume parfaitement cette rencontre : chaque personnage est confié à un acteur ou une actrice chargé de le « personnifier devant le public ».
Au théâtre, finalement, le personnage est un être qui n’existe pas… jusqu’au moment où un acteur entre en scène.
Source : Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent, Paris, Firmin-Didot et Cie, 1885.

Charles Deburau (1829-1873) dans le personnage de Pierrot, photographié par Adrien Tournachon (Nadar jeune), vers 1854-1855. L’attitude et l’expression corporelle montrent comment l’interprète donne vieau personnage au-delà des seuls mots. Source : Musée d’Orsay, Paris