Nées pour beaucoup dans les rues, les clubs et les communautés urbaines à partir de la seconde moitié du XXe siècle, les danses contemporaines et urbaines regroupent des pratiques très diverses, fondées sur l’improvisation, la virtuosité, l’affirmation individuelle et le dialogue avec la musique.

Du breaking apparu dans le Bronx au hip-hop, du locking et du popping issus de la côte ouest américaine à la house dance développée dans les clubs, chacune possède sa propre histoire, son vocabulaire et ses codes. Certaines se construisent autour de la compétition et du ‘battle’, d’autres privilégient la fête, l’expression personnelle ou la performance collective.

Longtemps transmises hors des institutions, elles ont progressivement gagné les scènes, les écoles de danse, les festivals et les grandes compétitions internationales, tout en conservant un lien fort avec les cultures dont elles sont issues.

Breaking (Breakdance)

Né dans le Bronx, à New York, au cours des années 1970, le breaking se développe au sein des communautés afro-américaines et latino-américaines et devient rapidement l’une des expressions fondatrices de la culture hip-hop. Le Smithsonian rappelle que les premiers danseurs profitaient des ‘breaks’, ces passages instrumentaux et rythmiques des morceaux, pour exécuter leurs mouvements les plus spectaculaires. DJ Kool Herc contribua à prolonger ces séquences et les danseurs furent bientôt désignés comme ‘B-boys’ et ‘B-girls’.

Le breaking possède un vocabulaire propre. Le ‘toprock’ regroupe les mouvements exécutés debout ; le ‘footwork’ correspond aux déplacements au sol ; les ‘power moves’ utilisent rotations, vitesse et force centrifuge ; enfin, les ‘freezes’ immobilisent brusquement le corps dans une position souvent spectaculaire. Ces quatre grandes familles restent aujourd’hui encore au cœur de la pratique.

La danse se construit aussi autour de la confrontation. Dans les ‘battles’, les danseurs se répondent tour à tour, cherchant moins à reproduire une chorégraphie qu’à affirmer leur personnalité, leur musicalité et leur inventivité. Les crews, groupes de danseurs réunis sous un même nom, jouent très tôt un rôle essentiel dans sa transmission. Parmi les plus célèbres figure le Rock Steady Crew, auquel appartient dès 1979 le danseur Crazy Legs.

Au début des années 1980, le breaking quitte progressivement les quartiers new-yorkais pour gagner les clubs, la télévision et le cinéma. En 1984, le Smithsonian constate déjà l’explosion médiatique du phénomène et son passage d’une culture urbaine locale à une véritable mode internationale.

Après plusieurs périodes de recul et de renaissance, le breaking s’est imposé comme une pratique mondiale, à la fois artistique et compétitive. Son évolution a conduit jusqu’à son entrée au programme des Jeux olympiques de Paris en 2024, où les B-boys et B-girls se sont affrontés en battles, consacrant symboliquement le passage d’une danse née dans les rues du Bronx à une scène sportive internationale.

Concours de break dance au Vondelpark, Amsterdam, 11 août 1984. Quelques années seulement après son apparition dans le Bronx new-yorkais, le breaking a déjà franchi l’Atlantique. Cette photographie témoigne de la diffusion internationale extrêmement rapide de cette danse issue de la culture hip-hop. Source : Rob Bogaerts, Anefo / Nationaal Archief, 11 août 1984 — Wikimedia Commons, CC0 1.0, domaine public

Hip-hop

Née aux États-Unis dans les années 1970, la culture hip-hop associe musique, danse, DJing, rap et graffiti. En danse, le terme ‘hip-hop’ finit par désigner un ensemble de pratiques développées dans la rue, les fêtes, puis sur les scènes et dans les studios. Elles reposent largement sur le rythme, l’improvisation et l’affirmation personnelle.

Le berceau historique du hip-hop se situe dans le South Bronx, à New York. Dans un quartier marqué par de profondes difficultés économiques et sociales mais aussi par une forte diversité culturelle, les jeunes Afro-Américains, Portoricains et Caribéens élaborent de nouvelles formes d’expression. Les fêtes de quartier, ou ‘block parties’, deviennent l’un des lieux privilégiés de cette culture naissante.

Les DJ jouent alors un rôle déterminant. DJ Kool Herc, installé dans le Bronx après avoir grandi en Jamaïque, remarque que les danseurs réagissent particulièrement aux passages instrumentaux et percussifs des disques, les ‘breaks’. En utilisant deux platines, les DJ peuvent prolonger ces séquences et offrir davantage de temps aux danseurs. Cette interaction entre musique et mouvement participe directement à la naissance de la culture hip-hop.

Il faut cependant distinguer la culture hip-hop des différents styles de danse qui lui sont associés. Le breaking, né à New York, en constitue l’une des premières expressions dansées. Le locking et le popping, que nous étudierons séparément, se développent quant à eux sur la côte ouest des États-Unis et appartiennent à l’origine aux ‘funk styles’. Ils seront ensuite largement rapprochés de l’univers hip-hop par les spectacles, les médias et les échanges entre danseurs.

À partir des années 1980, le hip-hop sort progressivement du Bronx. Le cinéma, les clips, la télévision et les tournées contribuent à sa diffusion internationale. Les pratiques dansées évoluent alors au contact de nouvelles musiques et de nouveaux publics. De nombreux pas issus des danses sociales apparaissent, se transforment ou circulent d’une ville à l’autre, tandis que les danseurs développent une gestuelle de plus en plus variée.

Dans les années 1990 et 2000, l’expression ‘danse hip-hop’ devient ainsi un terme très large. Elle peut désigner aussi bien des pratiques sociales et improvisées que des formes chorégraphiques destinées à la scène ou aux clips. Les studios de danse contribuent également à l’apparition de styles plus hybrides, parfois appelés ‘new style’ ou ‘hip-hop choreography’.

Aujourd’hui, le hip-hop constitue une culture mondiale qui continue d’évoluer sans perdre son lien avec ses origines : la musique, la rue, la fête, l’échange et la capacité de chacun à inventer son propre langage corporel. En quelques décennies, une culture née dans les quartiers du Bronx a profondément transformé la musique, la danse, la mode et les arts visuels à l’échelle internationale.

Flyer d’une soirée hip-hop dans le Bronx, New York, 11 mai 1979. Dessiné par Buddy Esquire, ce document annonce notamment Grandmaster Flash, The Funky 4 MCs et Sha-Rock. Il témoigne directement des premières années de la culture hip-hop, lorsque DJ, MC et danseurs se retrouvaient dans les fêtes et salles de quartier du Bronx. Source : Buddy Esquire, Flier for a rap battle in the Bronx, 1979, Smithsonian National Museum of African American History and Culture — CC0, domaine public.

House dance

Développée dans les clubs américains à partir des années 1980, notamment à Chicago et à New York, la house dance est étroitement liée à la musique house et à la culture des clubs. Elle se caractérise par un jeu de jambes rapide et fluide, un mouvement continu du corps et une grande place laissée à l’improvisation.

La musique house naît à Chicago au tournant des années 1980, dans des clubs fréquentés notamment par les communautés noires, latino-américaines et LGBTQ+. Le Warehouse, où officie le DJ Frankie Knuckles, devient l’un des lieux emblématiques de cette nouvelle culture musicale. Le Smithsonian souligne combien cette scène repose alors sur la danse, la fête et la création d’espaces communautaires.

À New York, une culture de clubs particulièrement inventive se développe parallèlement dans des lieux comme le Paradise Garage et d’autres espaces nocturnes où se croisent disco, funk, soul, hip-hop et musiques électroniques. Ces échanges contribuent à former un vocabulaire de danse très libre, nourri de traditions différentes.

La house dance n’est donc pas née d’un seul chorégraphe ni d’une méthode codifiée. Elle s’est construite progressivement sur les pistes de danse. Son principe fondamental reste l’écoute de la musique : le danseur réagit aux rythmes, aux basses, aux percussions et aux variations du morceau, en jouant avec les appuis et les changements de direction.

Parmi ses caractéristiques les plus reconnaissables figurent le ‘jacking’, mouvement ondulatoire et rythmique du torse, ainsi qu’un travail de pieds complexe, rapide et souvent très léger. La house dance emprunte également à d’autres traditions, parmi lesquelles le jazz, les danses africaines, les danses latines, le tap dance et diverses danses sociales de club.

Contrairement à certaines formes chorégraphiées destinées à la scène, la house dance conserve une forte dimension improvisée. La relation entre le danseur, la musique et les autres personnes présentes sur la piste est essentielle : chacun développe son propre style, tout en partageant un vocabulaire commun.

À partir des années 1990, la pratique se diffuse largement hors des États-Unis. Elle entre dans les studios, les festivals et les ‘battles’, mais continue de revendiquer son origine dans la culture des clubs. Aujourd’hui encore, elle demeure l’une des grandes danses sociales issues de la musique électronique et de la vie nocturne urbaine.

The Warehouse, Chicago. Installé au 206 South Jefferson Street, ce club devient à partir de la fin des années 1970 l’un des lieux emblématiques de la naissance de la house music, notamment sous l’impulsion du DJ Frankie Knuckles. C’est dans cette culture de club, fondée sur la musique, l’improvisation et la piste de danse, que se développeront les pratiques à l’origine de la house dance. Source : The Warehouse, Chicago, photographie du bâtiment, 5 octobre 2024 — Wikimedia Commons, licence Creative Commons.

Krump

Apparu à Los Angeles au début des années 2000, le krump est une danse urbaine particulièrement énergique et expressive. Ses mouvements puissants du torse, des bras et des jambes permettent aux danseurs d’exprimer intensité, émotions et personnalité dans une gestuelle souvent spectaculaire. Né dans un contexte communautaire, il se pratique notamment sous forme de sessions et de ‘battles’ avant de gagner les scènes et de se diffuser internationalement.

Ses racines se trouvent dans le South Central Los Angeles des années 1990. À la suite des émeutes de 1992, Thomas Johnson, connu sous le nom de Tommy the Clown, développe le ‘clowning’, une forme de danse très énergique qu’il présente notamment lors de fêtes d’enfants. Autour de lui se constitue progressivement une communauté de jeunes danseurs pour lesquels la danse devient à la fois un moyen d’expression et une alternative aux affrontements de rue.

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, certains danseurs issus de cette scène cherchent une expression plus libre, plus intense et moins tournée vers le divertissement. Tight Eyez, Lil C, Dragon, Big Mijo et d’autres participants contribuent alors à l’élaboration du krump. Lil C expliquera que ces danseurs avaient reçu du clowning les bases de la performance, mais qu’ils souhaitaient développer une forme permettant d’exprimer davantage leurs émotions et leur vécu.

La gestuelle du krump repose notamment sur de puissants mouvements de poitrine, les ‘chest pops’, des frappes de pieds, des balancements rapides des bras et des changements soudains d’énergie. Les expressions du visage participent pleinement à la danse. Malgré son apparence parfois agressive, le krump n’est pas un combat : cette énergie est précisément transformée en mouvement. Les danseurs peuvent ainsi confronter leurs styles dans une ‘battle’ sans que cette confrontation devienne physique.

Le krump accorde une place essentielle à l’improvisation et à l’expression personnelle. Il n’existe pas seulement comme une succession de figures : le danseur construit un personnage, joue avec les accents de la musique et fait varier brusquement vitesse, amplitude et intensité. Les sessions collectives renforcent encore cette dimension : les autres danseurs entourent celui qui évolue au centre, réagissent à ses mouvements et contribuent à l’énergie de la performance.

Sa diffusion internationale doit beaucoup au photographe et réalisateur David LaChapelle. Après avoir découvert cette scène à Los Angeles en 2002, il lui consacre d’abord le court documentaire Krumped, puis le film Rize, sorti en 2005. Le documentaire suit notamment Tommy the Clown, Tight Eyez, Lil C, Dragon et Miss Prissy et fait connaître le clowning et le krump bien au-delà de leurs quartiers d’origine.

Depuis, le krump a gagné les scènes chorégraphiques, les festivals et les compétitions internationales sans perdre sa dimension originelle : faire du corps un moyen d’exprimer avec force ce qui ne peut pas toujours être dit autrement.

Danseur de krump en performance, 2009. Les mouvements rapides des bras, les contractions du corps et l’intensité expressive sont caractéristiques du krump, danse apparue à Los Angeles au début des années 2000 avant de se diffuser internationalement. Source : Andrew Braithwaite, Krump Hands, 4 février 2009 — Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0.

Locking

Créé aux États-Unis au début des années 1970 autour du danseur Don Campbell, le locking se développe sur les musiques funk. Sa particularité tient à l’alternance entre des mouvements rapides et fluides et des arrêts brusques du corps dans des positions ‘verrouillées’, les fameux ‘locks’.

Le principe même du locking repose sur le contraste. Le danseur peut enchaîner des gestes très vifs puis suspendre soudainement son mouvement, comme s’il se figeait un instant avant de repartir. Cette rupture donne à la danse son rythme visuel caractéristique et permet de jouer directement avec les accents de la musique funk.

À ces arrêts s’ajoutent de grands mouvements de bras, des déplacements dynamiques, des attitudes exagérées et une forte présence scénique. Le danseur ne cherche pas seulement à exécuter des pas : il communique avec ceux qui l’entourent, interpelle le public, sourit, mime parfois la surprise et transforme volontiers sa prestation en petit spectacle. C’est cette dimension joyeuse et théâtrale qui distingue particulièrement le locking.

La personnalité du danseur occupe donc une place essentielle. Deux interprètes peuvent utiliser les mêmes principes tout en donnant à leur danse une apparence très différente. L’humour, l’exagération et le jeu avec le regard font pleinement partie du style.

Le locking devient ainsi l’une des grandes expressions de la culture funk américaine. Son énergie et son caractère immédiatement reconnaissable favorisent ensuite sa diffusion sur scène et son rapprochement avec les autres danses urbaines. Il sera notamment associé, dans les décennies suivantes, à l’univers plus large des danses hip-hop, même si son histoire est directement liée à la scène funk des années 1970.

Aujourd’hui encore, le locking conserve ce qui faisait son originalité dès ses débuts : une danse rythmique, spectaculaire et volontairement communicative, dans laquelle la virtuosité n’empêche jamais le plaisir de jouer avec le public.

The Lockers, années 1970. Fondé autour de Don ‘Campbellock’ Campbell, le groupe contribue à populariser le locking sur les scènes et à la télévision américaine. Costumes colorés, poses exagérées et forte présence théâtrale deviennent rapidement indissociables de cette danse née sur les musiques funk. Source : archives officielles Don ‘Campbellock’ Campbell, photographie de The Lockers, années 1970

Popping

Développé en Californie dans les années 1970, le popping repose notamment sur de brèves contractions musculaires produisant des accents ou des secousses dans le corps au rythme de la musique funk. Il s’accompagne de nombreux effets visuels qui peuvent donner l’impression d’un mouvement mécanique ou irréel.

Le style est généralement associé au danseur Sam Solomon, connu sous le nom de Boogaloo Sam, et au groupe Electric Boogaloos, formé en Californie à la fin des années 1970. Leur travail contribue fortement à structurer et à diffuser cette manière de danser sur les musiques funk.

Le principe fondamental est le ‘pop’ ou le ‘hit’ : le danseur contracte très brièvement certains muscles, puis les relâche aussitôt. Répétés en rythme, ces accents donnent au mouvement une précision très particulière. Ils peuvent être réalisés dans les bras, les jambes, la poitrine ou le cou, parfois simultanément.

Autour de cette base se développent de nombreux effets visuels et techniques : mouvements ondulatoires, déplacements glissés, isolations corporelles, arrêts soudains, illusions mécaniques ou jeux donnant l’impression qu’une impulsion traverse progressivement le corps. Certaines de ces techniques possèdent leur propre histoire et ne doivent pas toutes être confondues avec le popping lui-même.

Le popping est souvent rapproché du locking, mais les deux styles sont différents. Le locking privilégie les gestes amples, les arrêts spectaculaires, l’humour et l’interaction avec le public, tandis que le popping repose davantage sur les contractions musculaires, les illusions et la précision du mouvement.

Dans les années 1980, la télévision, les spectacles et les clips contribuent à diffuser largement ces danses californiennes. Elles sont alors souvent regroupées, parfois de manière imprécise, sous l’appellation générale de ‘breakdance’ ou de ‘danse hip-hop’. Pourtant, le popping appartient historiquement à la culture funk de la côte ouest américaine et possède son propre vocabulaire.

Aujourd’hui, il reste l’un des styles majeurs des danses urbaines et des battles, apprécié pour sa capacité à transformer le corps en véritable instrument visuel au service du rythme.

Mr. Wiggles en performance, Calgary, 2005. Membre des Electric Boogaloos et figure majeure des danses funk et hip-hop, Mr. Wiggles contribue à la transmission du popping, style fondé sur de brèves contractions musculaires et des effets d’illusion corporelle. Source : Justin Penner, Mr. Wiggles, Calgary, 22 juillet 2005 — Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.5.

Autres styles contemporains et urbains

À côté du breaking, du hip-hop, du locking, du popping, de la house dance ou du krump, de nombreuses autres formes se sont développées au cours des dernières décennies. Issues de contextes sociaux, musicaux et culturels très différents, elles montrent combien les danses urbaines continuent de se renouveler et de circuler d’un pays à l’autre.

Dancehall

Né en Jamaïque autour de la culture musicale dancehall, ce style se développe particulièrement à partir des années 1980. La musique dancehall devient alors l’une des grandes expressions populaires jamaïcaines et donne naissance à un vocabulaire dansé en perpétuelle évolution.

La danse privilégie l’énergie, le rythme, l’attitude et l’invention de nouveaux pas. Ceux-ci peuvent être associés à une chanson, à un artiste ou à un danseur avant de circuler dans les soirées puis bien au-delà de la Jamaïque.

Légende : Street dance à Passa Passa, Kingston, Jamaïque, 2007. Ces fêtes de rue constituent l’un des espaces privilégiés de la culture dancehall, où musique et danse donnent naissance à des pas constamment renouvelés. Source : nickolette, Street dance Kingston Jamaica passa passa, 2007 — Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.5.

Waacking

Le waacking apparaît dans les clubs gays de Los Angeles dans les années 1970, principalement au sein des communautés noires et latino-américaines. D’abord lié au ‘punking’, il se danse notamment sur le disco et se reconnaît à ses mouvements rapides et circulaires des bras, ses poses et sa théâtralité.

Le danseur joue avec l’expression du visage, les attitudes et une certaine idée du glamour, parfois inspirée des vedettes du cinéma. La télévision, notamment Soul Train, contribue ensuite à faire connaître ce style au-delà des clubs underground.

Danse disco, Berlin, 2011. Bien qu’elle ne montre pas spécifiquement une performance de waacking, cette photographie évoque l’univers disco dont est issu ce style apparu dans les clubs de Los Angeles dans les années 1970. Source : Luckyz, Disco dance, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.

Voguing

Le voguing est issu de la culture ‘ballroom’ des communautés noires et latino-américaines LGBTQ+ de New York. Entre les années 1960 et 1980, les ‘balls’ deviennent le lieu de compétitions où s’affrontent différentes ‘Houses’, à la fois équipes, familles choisies et communautés de soutien.

La danse se développe particulièrement dans les années 1980. Elle emprunte aux poses de mannequins et aux magazines de mode : lignes géométriques, gestes précis, défilés et attitudes spectaculaires permettent au danseur d’affirmer son identité et sa présence.

Il ne faut donc pas confondre voguing et waacking : le premier est lié à la scène ballroom new-yorkaise, tandis que le second naît dans les clubs gays de Los Angeles.

Voguing Masquerade Ball, Washington, 2016. Poses anguleuses, lignes du corps et affirmation spectaculaire de soi prolongent le vocabulaire développé dans la culture ballroom new-yorkaise. Source : S. Pakhrin, Voguing Masquerade Ball, 15 octobre 2016 — Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Electro dance

La danse électro constitue un cas particulièrement intéressant puisqu’elle est née en France dans les années 2000. Elle se développe dans des clubs parisiens et de proche banlieue, notamment le Métropolis de Rungis, puis se diffuse très rapidement grâce aux vidéos publiées sur Internet.

Ses mouvements rapides et circulaires des bras, associés à des déplacements et à un important travail rythmique, deviennent particulièrement visibles vers 2006-2008. Elle est alors souvent appelée ‘Tecktonik’, bien que ce terme désigne à l’origine une marque et des soirées organisées au Métropolis plutôt que la danse elle-même.

Danseur électro, 2006. À cette époque, cette nouvelle danse française aux mouvements rapides et circulaires des bras se diffuse dans les clubs puis sur Internet, souvent sous l’appellation ‘Tecktonik’. Source : Viernest, Tecktonik-dancer, 1er mars 2006 — Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Stepping

Développé au sein des fraternités et sororités afro-américaines des universités américaines, le stepping fait du corps un véritable instrument de percussion. Les danseurs frappent le sol avec leurs pieds, claquent des mains, utilisent parfois leur voix et construisent des séquences collectives extrêmement précises.

Plus qu’une simple danse, il possède une forte dimension communautaire : coordination du groupe, identité collective et transmission occupent une place essentielle.

Step Afrika en performance au Ghana, 2018. Frappes de pieds, claquements de mains et mouvements collectifs synchronisés font du corps un véritable instrument rythmique. Source : U.S. Embassy Ghana, Step Afrika in Ghana, 9 mai 2018 — Wikimedia Commons, CC0.

K-pop dance

La K-pop dance accompagne l’expansion internationale de la musique populaire sud-coréenne. Elle se distingue par des chorégraphies collectives particulièrement précises, pensées autant pour la scène que pour la caméra et le clip vidéo.

Elle emprunte librement au hip-hop, au jazz, aux danses urbaines et à la danse contemporaine. Depuis les années 2000, les clips, puis les réseaux sociaux et les vidéos de reprises chorégraphiques, les ‘dance covers’, ont largement participé à sa diffusion mondiale.

Danseuse du Bounce Dance Crew exécutant une chorégraphie K-pop à Toulouse, 2014. La précision des mouvements et leur conception pour la scène et l’image sont caractéristiques de cette forme chorégraphique liée à la pop sud-coréenne. Source : Pablo029, Dance movement of KPOP Korean Pop, 18 mai 2014 — Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Litefeet

Apparu à Harlem, à New York, au début des années 2000, le litefeet doit son nom à l’impression de légèreté donnée par les déplacements des danseurs. Il associe pas rapides, glissements et jeux particulièrement virtuoses avec des accessoires, notamment casquettes et chaussures.

Très lié à la culture de rue new-yorkaise, il devient également célèbre grâce aux performances réalisées dans le métro sous l’appellation ‘Showtime’.

Street performers à New York, 2007. Cette photographie évoque la culture de rue new-yorkaise dans laquelle s’est développé le litefeet, danse de Harlem connue pour ses déplacements rapides, sa virtuosité et son lien avec les performances urbaines. Source : Andrew Shiva, Central Park (New York) 09 Street performers, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Turfing

Le turfing se développe à Oakland, en Californie, à partir des années 1990, sur les bases d’une longue tradition locale remontant notamment au boogaloo des années 1960. Il combine glissements, ondulations, isolations, contorsions et mouvements narratifs.

Contrairement à une simple démonstration technique, le turfing peut raconter une histoire ou traduire une expérience personnelle. Cette dimension expressive en a fait l’une des formes de danse de rue les plus caractéristiques d’Oakland.

Source : Smithsonian National Museum of African American History and Culture ; New York Public Library for the Performing Arts ; Jamaica Information Service ; INA ; JM France ; KQED.

‘Turfin’ Mural’, Oakland, 2018. Cette fresque décompose en trois images le mouvement d’un danseur de turf, style de rue intimement lié à la culture chorégraphique d’Oakland. Source : Creative Shields / Lower Bottoms Collective, Turfin’ Mural, Oakland Mural Festival, 2018 ; photographie Our Oakland — Creative Commons.