Différentes manières de danser

Différentes manières de danser selon la profession de chacun. Le médecin examine sa partenaire, le dentiste se penche sur sa bouche, le nageur semble plonger et le violoncelliste la tient comme son instrument : une amusante caricature des danses de salon.

Origine : Várias maneiras de dançar (segundo a profissão de cada um), dessin humoristique repris de la revue O Humorista, publié dans l’Almanaque Bertrand, Lisbonne, 1938, p. 208-209.

Langage des danses

Le langage des danses. Cette carte postale attribue malicieusement un tempérament à chaque danse en vogue : frivolité du foxtrot, ardeur du two-step, passion du tango, tendresse de la valse et sensualité de la maxixe.

Origine : carte postale française colorisée, Le Langage des danses, édition E. K. & Cie, no 439, vers 1915-1920. Photographe et interprètes non identifiés.

Le guide de M. Punch pour la salle de bal.

Le guide de M. Punch pour la salle de bal. Six couples illustrent avec humour différentes attitudes de danse : l’étreinte autoritaire, l’enlacement excessif, la prise désespérée ou encore la distance très convenable. Une satire savoureuse des comportements observés dans les bals britanniques des années 1920.

Origine : dessin humoristique intitulé Mr. Punch’s Guide to the Ballroom, publié dans Punch’s Almanack for 1926, numéro annuel paru à Londres le 2 novembre 1925.

Polkamanie

En 1844, Paris est gagné par une véritable passion pour la polka. La nouvelle danse est à la mode et son succès est tel que les caricaturistes s’en emparent aussitôt. Charles Vernier lui consacre une série entière, La Polkamanie, publiée notamment dans Le Charivari. Cette planche, la quatrième de la série, paraît le 19 avril 1844.

Dans La Polk dans un entresol de la rue Saint-Denis, Vernier transforme la danse en une scène de joyeux désordre. Au premier plan, le couple s’élance avec une telle vigueur que les vêtements n’y résistent plus : la robe de la danseuse se déchire tandis que le pantalon de son partenaire craque. À l’arrière-plan, d’autres danseurs ont déjà chuté et provoquent de nouveaux incidents.

La caricature joue ainsi sur la réputation d’une polka vive, sautée et parfois jugée excessive. Vernier ne critique pas seulement une danse : il s’amuse surtout de la « polkamanie », cette mode qui semble avoir saisi tout Paris et pousse chacun à se lancer, avec plus ou moins de grâce, dans le nouveau divertissement. La danse devient ici un formidable sujet d’observation des mœurs et de comédie sociale.

Charles Vernier, La Polk dans un entresol de la rue St-Denis, planche n° 4 de la série La Polkamanie, lithographie, 1844, publiée par Aubert & Cie à Paris.

Texte de l’image :

— Ah ! Ciel !… M. Tabourreau… je crois que ma robe se déchire !… — Ah ! Dieu… Mme Moussard… je suis certain que mon pantalon a craqué !… Décidément cette danse ne peut être sautée que par des gens très riches qui ont une foule de vêtements de rechange… ou par des sauvages !…

Rostropovitch en tutu

Le 22 juillet 1990, à Stern Grove, San Francisco, un concert célèbre les 70 ans du violoniste Isaac Stern. Parmi les artistes présents, Mstislav Rostropovitch réserve à son ami une surprise : le célèbre violoncelliste apparaît en tutu, collants et diadème ! Cet épisode figure dans les archives du Stern Grove Festival⁠.

 Ce costume accompagne un choix musical bien trouvé : Rostropovitch interprète au violoncelle Le Cygne, extrait du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns. L’acteur Gregory Peck participe également à cette célébration.

La photographie prolonge la plaisanterie : Rostropovitch prend la pose en ballerine, aux côtés de Stern et de Peck, manifestement amusés. Une scène où la complicité entre artistes fait tomber, pour un instant, la solennité du concert classique.

De gauche à droite, Mstislav Rostropovitch en tutu, Isaac Stern et Gregory Peck, lors de la célébration des 70 ans de Stern, à San Francisco, le 22 juillet 1990. Crédit indiqué par SFGATE : San Francisco Symphony ; photographe non précisé.

Thermomètre de la danse

En janvier 1861, le Journal amusant publie une série de dessins intitulée « Au bal », signée Marcelin. Cette première planche imagine un instrument aussi fantaisiste qu’efficace : un thermomètre permettant de mesurer la “température” des danses. Le numéro est daté du 12 janvier 1861.

Plus la danse paraît rapprocher les partenaires, les entraîner ou échauffer les esprits, plus le mercure grimpe. Tout en bas se trouvent les danses jugées les plus froides : les lanciers et le quadrille voisinent avec les « rivières gelées ». La polka atteint le zéro, tandis que mazurka, scottish et redowa font progressivement monter la température.

Et tout en haut du thermomètre trône la valse, portée à 40 degrés, au niveau de la « chaleur du sang ». Le dessinateur n’a évidemment aucune prétention scientifique : il s’amuse de la proximité croissante des corps et de la réputation plus ou moins ardente attachée aux différentes danses de salon.

Derrière la plaisanterie apparaît ainsi tout un petit portrait des mœurs du XIXᵉ siècle. Une danse ne se juge pas seulement à ses pas : elle peut être considérée comme sage, vive, audacieuse… voire franchement brûlante. À ce jeu-là, en 1861, la valse fait monter le thermomètre !

Marcelin, Le Thermomètre de la danse, dans la série Au bal, Journal amusant, n° 263, 12 janvier 1861. Au centre, les différentes danses sont classées sur une échelle imaginaire allant du froid au chaud, la valse culminant à 40 degrés.

Valse sous le regard de la caricature copie

La valse sous le regard de la caricature. Trois couples costumés exécutent la danse dans des attitudes volontairement théâtrales. La tournure populaire et grammaticalement fantaisiste du titre, Et nous aussi j’valsons, accentue le caractère comique de cette évocation des divertissements et des modes du début du XIXe siècle.

Et nous aussi j’valsons, planche 8 d’une série sans titre, estampe anonyme à l’eau-forte coloriée, publiée à Paris par François-Jules-Gabriel Depeuille, vers 1801. British Museum, inv. 1856,0712.636.